Jour et nuit égaux, la vraie date n'est pas celle de l'équinoxe

Par Sam Arkwell · publié le 19 septembre 2026

Jour et nuit égaux, la vraie date n'est pas celle de l'équinoxe : illustration

La réponse courte : non, jour et nuit ne seront pas égaux à l’équinoxe. Le 23 septembre 2026, jour du bascule astronomique, le soleil brillera encore 12 h 09 à Paris. La vraie égalité, que les astronomes appellent l’équilux, tombe trois jours plus tard : partout en France, la durée du jour passe sous les 12 heures dans la nuit du 25 au 26 septembre, et le 26 est le jour le plus proche du partage parfait, 11 h 59 à Paris comme à Marseille. Les minutes excédentaires ont deux coupables : la réfraction atmosphérique, qui montre le soleil avant qu’il ne soit géométriquement levé, et la définition même du lever, compté au premier rayon du bord du disque, pas à son centre.

Pourquoi l’équinoxe ne partage pas la journée en deux, où passent les 9 minutes, et la date exacte ville par ville.

L’équinoxe partage la géométrie, pas la lumière

L’équinoxe est un instant d’une précision absolue : le 23 septembre 2026 à 2 h 05 heure de Paris, le centre du Soleil traverse l’équateur céleste, l’événement mondial et daté à la minute que notre article sur l’équinoxe d’automne détaillait. Ce jour-là, géométriquement, tout point de la Terre passe bien une demi-rotation du côté éclairé. Et pourtant les tables de lever et de coucher affichent, pour Paris, un jour de 12 h 09 : neuf minutes de lumière en trop sur le partage annoncé. L’écart n’est pas une erreur de calcul, il est dans la définition de ce qu’on appelle voir le soleil.

Premier coupable : la réfraction atmosphérique. L’atmosphère courbe les rayons lumineux vers le bas, si bien qu’à l’horizon nous voyons le soleil environ un demi-degré plus haut qu’il n’est réellement : au moment où son image touche l’horizon, l’astre est en réalité déjà couché géométriquement. L’atmosphère nous offre ainsi un soleil levé en avance et couché en retard, plusieurs minutes de rab à chaque bout du jour. Second coupable : la définition du lever et du coucher, fixée au premier et au dernier rayon du bord supérieur du disque, pas à son centre ; le demi-diamètre du soleil ajoute sa propre avance au lever et son propre retard au coucher. Cumulés, les deux effets gonflent la journée d’environ neuf minutes à la latitude de Paris : voilà pourquoi l’équinoxe éclaire plus qu’il ne devrait.

L’équilux : la nuit du 25 au 26 septembre, partout en France

Puisque le jour de l’équinoxe dure 12 h 09 et que l’automne rabote actuellement la lumière de 3 à 4 minutes par jour, le rythme maximal de l’année, l’égalité vraie n’a plus qu’à se lire dans le calendrier : la durée du jour passe sous les 12 heures dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026, trois jours après l’équinoxe. Nos calculs, menés avec l’algorithme astronomique de référence, donnent le même verdict du nord au sud : Paris passe de 12 h 02 le 25 à 11 h 59 le 26, Marseille de 12 h 03 à 12 h 00 passées de quelques secondes, Lille de 12 h 02 à 11 h 58. Le 26 septembre est le jour de l’équilux pour l’essentiel du pays, à quelques minutes près, l’écart entre villes se jouant dans l’épaisseur du trait.

Le mot mérite sa définition : l’équilux, littéralement lumière égale, désigne le jour où la durée entre lever et coucher est la plus proche de 12 heures exactes. À la différence de l’équinoxe, instant unique et planétaire, l’équilux est une affaire locale : il dépend de la latitude, qui commande la vitesse à laquelle les jours raccourcissent. Aux latitudes françaises, il suit l’équinoxe de trois jours ; plus on descend vers l’équateur, plus il s’en éloigne, et dans la zone équatoriale la question se dissout, le jour y frôlant les 12 heures toute l’année sans jamais s’y poser vraiment. Les heures exactes de votre ville, ce 26 septembre comme chaque jour, se lisent sur nos pages soleil ville par ville, calculées à la date du jour.

Ce que la semaine qui vient va changer à vos journées

Le calendrier de la bascule se lit donc ainsi : le 23, l’automne astronomique commence à 2 h 05 dans un jour qui dure encore 12 h 09 ; le 26, la lumière rend les clés à la nuit ; et à partir de là, chaque journée creuse l’écart, la nuit gagnant sa poignée de minutes quotidienne jusqu’au solstice de décembre. Concrètement, à Paris, le soleil se couche déjà à 19 h 55 ce 19 septembre, il se couchera à 19 h 40 le 26, et la tombée de la nuit, une demi-heure plus tard, glisse au même rythme vers l’heure du dîner.

Le matin suit le mouvement inverse, le soleil se levant chaque jour plus tard, 7 h 32 aujourd’hui à Paris, 7 h 42 le 26 : la semaine de l’équilux est aussi celle où les réveils basculent dans la pénombre. Il reste une consolation à cette comptabilité déclinante, et elle est réelle : la symétrie. Ce que septembre raconte en creux, mars le racontera en plein, équinoxe le 20, équilux quelques jours avant cette fois, et les mêmes neuf minutes de réfraction offertes en bonus. L’atmosphère est une débitrice honnête : elle rend au printemps, avec les intérêts, tout ce qu’elle semble prendre à l’automne. En attendant, la journée de 12 heures pile, la vraie, a rendez-vous le 26 : profitez-en, il n’y en a que deux par an.

Vos questions

Quand le jour et la nuit sont-ils exactement égaux en 2026 ?

Pas à l'équinoxe : le 23 septembre 2026, le jour dure encore 12 h 09 à Paris. L'égalité réelle, appelée équilux, tombe trois jours plus tard : la durée du jour passe sous les 12 heures dans la nuit du 25 au 26 septembre partout en France, le 26 étant le jour le plus proche des 12 heures exactes (11 h 59 à Paris comme à Marseille).

Pourquoi le jour dure-t-il plus de 12 heures à l'équinoxe ?

Pour deux raisons cumulées : la réfraction atmosphérique, qui courbe la lumière et montre le soleil alors qu'il est encore sous l'horizon géométrique, et la définition du lever et du coucher, comptés au premier et au dernier rayon du bord supérieur du disque, pas à son centre. Ces deux effets ajoutent plusieurs minutes de chaque côté de la journée : environ 9 minutes en tout à la latitude de Paris.

Qu'est-ce que l'équilux exactement ?

Le jour où la durée entre le lever et le coucher du soleil est la plus proche de 12 heures exactes. Contrairement à l'équinoxe, instant astronomique unique et mondial (le passage du Soleil à l'équateur céleste, le 23 septembre 2026 à 2 h 05 heure de Paris), l'équilux dépend de la latitude : en automne, il survient quelques jours après l'équinoxe, d'autant plus tard qu'on s'approche de l'équateur.

L'équilux tombe-t-il à la même date partout ?

Non : il dépend de la latitude. En France métropolitaine, du nord au sud, la bascule sous les 12 heures se produit partout dans la nuit du 25 au 26 septembre 2026, l'écart entre Lille et Marseille se jouant en minutes. Plus près de l'équateur, l'équilux s'éloigne davantage de l'équinoxe, et dans la zone équatoriale le jour ne descend jamais vraiment à 12 heures pile.

⏱️ Lancer le minuteur en ligne gratuit